Les combinaisons isothermiques
Au Québec, la navigation en maillot de bain ou en boardshort se limite aux journées chaudes de juillet et d’août où le vent n’est souvent pas au rendez-vous. Le principal intérêt d’un vêtement isothermique est de conserver la chaleur (en vous protégeant de l'hypothermie) tout en assurant confort et performance, ce qui permet de prolonger non seulement une saison de navigation du printemps à l’automne, mais aussi une session en plusieurs heures de plaisir plutôt que de survie.
Comment garder la chaleur ?La combinaison isothermique, communément appelée
wetsuit ou
steamer, permet à l’eau de pénétrer entre la peau et le tissu. Une mince couche d’eau se réchauffe au contact du corps. Plus la combinaison est moulante, plus cette chaleur sera conservée. Par contre, lors de chutes dans l’eau, il y aura échange de cette couche d’eau qui se refroidira. Le néoprène à cellules fermées étant étanche à l’eau, c’est par les orifices naturels que l’eau pourra pénétrer : cou, poignets, chevilles, coutures, fermeture-éclair. La combinaison appelée drysuit est conçue pour empêcher l’eau d’entrer par ces orifices qui seront parfaitement étanches.

L’achat d’un vêtement isothermique demande donc un minimum de réflexion pour un achat judicieux. Selon le degré de frilosité, le pourcentage de gras corporel et la température à laquelle le sportif voudra pratiquer, il faudra choisir une combinaison dont l'épaisseur et le matériel (évidemment la grandeur) convienne aux besoins exprimés.
Matériel de fabrication Le
néoprène est un produit en élastomère de synthèse, combinant le caoutchouc et le nylon, laminés ensemble avec de la colle. Ses propriétés de flexibilité et thermiques en font un produit de choix pour les vêtements de sports aquatiques. Son nom chimique est le polychloroprène et est l’un des meilleurs élastomères de synthèse grâce à sa résistance à l'ozone, aux UV, à l'oxydation et aux produits dérivés du pétrole. Aussi, il est résistant à l'eau, à plusieurs produits chimiques. Il possède une excellente résilience et élasticité. Le néoprène est plus résistant aux huiles, aux solvants et à la chaleur que le caoutchouc. Dans l'industrie, il est aussi utilisé pour la fabrication d'adhésifs, de scellants, de boucle de transmission, de tuyaux et de tubes. Pour les vêtements, différentes qualités influent sur sa résistance aux abrasions, son élasticité et sa durabilité. Le type de néoprène utilisé pour la plongée sous-marine sera donc différent de celui destiné au kitesurf ou
Caractéristiques du vêtement Recherchez les caractéristiques suivantes dans une combinaison isothermique : épaisseur et qualité du néoprène, nombre de panneaux, fermeture-éclair et type de coutures.
Densité ou Epaisseur Elle varie de 1 à 5 mm et confère une isolation proportionnelle. En général, plus le matériel est épais, plus il est rigide. C’est pourquoi la plupart des vêtements utilisent des épaisseurs différentes selon la partie du corps : plus épais sur le torse pour un maximum de protection, moins épais aux bras et jambes pour une plus grande flexibilité des mouvements. Les étiquettes d’identification indiquent bien les épaisseurs utilisées. Ainsi, un 5/4 signifie 5mm au torse et 4mm aux bras et jambes.
Qualité et Finition La combinaison de néoprène avec d’autres matériaux permet de varier les propriétés isothermiques, de confort, d'élasticité, de respirabilité, de transfert de l'évaporation, etc. Les compagnies ont bien compris ces avantages et encombrent leur publicité de noms tout aussi technique qu’exotique, de quoi faire perdre le latin à n’importe qui : Hydroskin, Nylon-2, PowerSpan, RawHide, WaveTex, TriTon, MicroPlush, TiCoat, HydroStrech, Vaporflex, Superflex, Airflex, Ultraflex, etc.
Meshskin : Couche de tissu fin au-dessus de la couche de néoprène, du côté externe et/ou interne de la combinaison. Le nylon est le matériel le plus utilisé. Pour plus de chaleur, la laine mérino est aussi utilisée.
Thermal Stretch : étanche à l'eau, perméable à la respiration, étirable dans les 4 directions pour maximum de moulage et minimiser l'échange avec l'eau froide, avec une couche fleece confortable à la peau.
NuSkin ou SmoothSkin: il n’y a pas de couche de polyester ajouté et la surface du néoprène est lisse, ce qui assure une excellente imperméabilité. Surtout pour le cou et les poignets-chevilles. Il est plus sensible aux abrasions.
GlideSkin : très glissant et plus isolant, il améliore l’enfilage du vêtement lorsqu’en couche interne
Une couche de
Titanium permet d’augmenter les qualités isothermiques du néoprène de 30 à 40%. Il est ainsi possible de réduire l’épaisseur du néoprène tout en gardant la même protection isolante, ce qui permet d’avoir un vêtement plus léger et plus flexible.
Panneaux : Le nombre de panneaux à des endroits stratégiques du vêtement améliore le confort et l’aisance des mouvements propres au sport pratiqué. Les renforts, aux genoux par exemple, tiennent compte des abus liés à l’activité. Plus il y aura de panneaux, plus le vêtement sera moulé et ajusté. Il y aura cependant plus de coutures.
Fermeture-éclair C’est une des composantes principales des systèmes d’entrée. Elle n’est pas extensible et diminue ainsi la flexibilité du vêtement.
Il existe essentiellement 2 types de fermeture : le premier est souvent en
plastique (MWP) et laisse passer l’eau. Il est placé habituellement le long du dos sur une longueur de 20 cm et est utilisé pour les shortys et les wetsuits. L’addition d’une bande de néoprène sous la fermeture diminue la sensation désagréable de l’entrée d’eau froide le long du zipper.
Le deuxième type de fermeture est en
métal (ou en plastique dans les modèles plus récents), ne laisse pas passer l’eau et est utilisé pour les drysuits. Moins confortable, elle est disposée en général à l’horizontale (placé en arrière ou en avant) entre les deux épaules. D’autre part, elle nécessite plus de matériel pour assurer son étanchéité.. Il faut souvent l’aide d’une deuxième personne pour fermer cette fermeture-éclair. Plus difficile à glisser, l’application de paraffine ou de cire de bougie améliore son utilisation. Plusieurs compagnies ont cependant amélioré la qualité des zippers qui sont ainsi plus faciles à glisser, plus étanches, avec moins de risque de coincer avec un rebord de néoprène.
Certaines fermetures sont plus courtes et associées à un néoprène plus extensible pour faciliter l’entrée. Pour pousser le confort à l’extrême, plusieurs compagnies fabriquent des shortys et wetsuits en néoprène extraflexible ne dépassant pas 2mm d’épaisseur, sans zipper. L’habillage se fait en entrant par le col qui s’étire d’une façon très élastique et un deuxième col est superposé et fixé par des velcros. Le tout demande une certaine dose de contorsionnisme et ces vêtements ne conviennent pas aux températures très froides car elles sont moins isolantes.
Coutures Il existe différents types de coutures qui permettent ou non une étanchéité à l’eau et dont la solidité varie. Ceci explique aussi la différence de prix des vêtements.
Overlock : couture la moins chère, la plus simple, durable et très solide, mais la moins confortable. Les rebords de néoprène sont enroulés ensemble et cousus. Elle n’est pas imperméable à l’eau et ne peut être utilisé qu’avec du néoprène de 3 mm ou moins.
Flatlock : Les rebords de néoprène sont superposes à plat. Plus confortable que l’overlock.
Blindstitch : Les rebords de néoprène sont aboutés et collés. Les coutures sont faites des 2 côtés des panneaux, sans traverser complètement l’épaisseur du néoprène. Cette couture est plus étanche que les 2 précédentes, mais moins solide.
ZigZagstitch : Couture en zigzag qui permet l’étirement du panneau. Surtout utilisé au cou et poignets et chevilles.
Glued seams : les 2 rebords de néoprène sont collées et pressées ensemble par des pinces pneumatiques. C’est une couture plate, flexible, souple et étanche à l’eau.
Taped seams : Couture qui est collée et cousue, puis recouverte d’une bande de nylon de 20mm de large. Permet d’éviter l’irritation causée par les fils mais diminue la flexibilité. Certaines compagnies utilisent un scellant liquide (Fluidseal)
Le designBien qu’il soit préférable de rechercher principalement le confort et la fonctionnalité, une combinaison attrayante qui embellit les courbes est toujours agréable à porter. Les touches de couleur agrémentent le triste noir traditionnel. L’agencement de certains panneaux contribue à accentuer l’allure athlétique et les groupes musculaires les plus sollicités. Évidemment, moins il y a de coutures, plus le vêtement doit être ajusté et fait paraître vos imperfections physiques. Attention aux ventres ballonnés !
Plusieurs modèles reproduisent des formes ergonomiques, en particulier aux genoux et aux coudes, afin d’optimiser les mouvements les plus en demandes.
Les types de vêtements Le drysuit : il a pour principale caractéristiques d’être entièrement étanche à l’eau. C’est le vêtement le plus cher et le plus isolant, mais le moins flexible. Le zipper est habituellement orienté d’une épaule à l’autre et fait en métal. Certains drysuits sont fait en tissu très solide (polyester de type cordura) étanche à l’eau plutôt qu’en néoprène et il est possible de porter des vêtements isolants à l’intérieur. Ils sont réputés très confortables et gardent au chaud même par temps très froid. Cependant, en cas de déchirure, l’eau pénètre à l’intérieur du drysuit qui perd instantanément sa qualité d’isolation et alourdit grandement le poids. Sans veste de flottaison, le risque de noyade est élevé. Il existe aussi des drysuits combinant les deux matériaux, soit le bas du corps en néoprène et le torse et bras en tissu.
Le wetsuit : aussi dénommé steamer ou semi-dry, il laisse passer un peu d’eau entre le corps et le vêtement mais conserve celle-ci à l’intérieur. L’eau constitue alors une couche isolante supplémentaire, à condition évidemment de rester à l’intérieur de la combinaison.
Le convertible : wetsuit dont les manches sont amovibles. Les bras peuvent être exposés pour plus d’aisance.
Le shorty : il vise essentiellement à protéger le corps, les cuisses et les aisselles. Les membres sont donc plus à l’aise pour manœuvrer.
Le haut de corps : couvre uniquement le torse et peut comporter des manches courtes ou longues.
Le rashguard : fait de polyester de densité variable, il a une petite qualité isolante et protège surtout du soleil. En manches courtes ou longues, il permet d’utiliser d’autres couleurs que le noir du néoprène.
La cagoule : la perte de chaleur étant importante au niveau de la tête, le port d’une cagoule devient essentielle aux températures extrêmes. Certains modèles sont constitués d’un prolongement pour le haut du tronc et même d’un torse sans manche qui peut se porter sous le wetsuit.
Les bottillons et chaussons : on aime ou on n’aime pas. Les plus purs les détestent car il est plus difficile de « sentir » la planche sous les pieds. Quoiqu’il en soit, c’est une excellente protection contre l’eau froide du printemps, contre les moules et tout objet contondant du fond de nos lacs et rivières. Un bon ajustement est essentiel pour éviter de glisser dans la chaussure ou de se retrouver avec les orteils crispés qui finissent par trouer l’extrémité du bottillon.
Les gants et mitaines : pour les conditions extrêmes et les mordus, ces accessoires protègent surtout du vent. Source de crampes, parfois difficile d’avoir une bonne prise sur le wishboom ou la barre, il est souvent ardu de faire des manœuvres avec toute l’aisance que les mains nues permettent.
Une combinaison adaptée pour chaque sport nautique?Il est clair que les caractéristiques recherchées sont différentes selon l’activité choisie :plongée, planche à voile, kitesurf, seadoo, natation ou surf. Certains détails dans le design des modèles visent à répondre aux contraintes du sport : renfort à des zones dédiées, élasticité au niveau des articulations, contrainte du néoprène à la pression, imperméabilité totale, etc.
Choisissez donc un vêtement spécifique au sport nautique si vous le pouvez. Les besoins de mouvement étant similaires pour la planche à voile et le kitesurf, les combinaisons conviennent aux 2 sports.
Le futur ?La compagnie RipCurl innove en introduisant le 1er wetsuit pour le surf, la H-Bomb, avec un système de chauffage électronique grâce à des piles au lithium qui alimentent 2 éléments conducteurs composés de fibres (pas de métal) dans le haut du dos.
Quel vêtement porter ? Comment décider lequel de ces vêtements porter ? Tout dépend d’un certain nombre de facteurs, dont la température de l’eau et celle de l’air ambiant, ainsi que des conditions météorologiques. Une règle populaire est celle du 100 degrés, i.e. que pour être confortable, le total de la température de l’eau et celle de l’air en degrés °F doit dépasser 100. En degrés °C, ça fait grossomodo 20.
Voici la charte suggérée par la CanAm SailCraft à titre indicatif. Les zones en vert sont celles où le port de la combinaison est confortable alors que celles en rouge correspondent à un niveau d’inconfort soit trop chaud, soit trop froid pour être tolérable. N’oubliez pas que chaque marque et qualité de combinaison ont leur propre zone de confort qui peut différer de cette charte. Il faut tenir compte du degré de tolérance de chacun et du niveau de pratique pour un choix judicieux de la bonne combinaison dans des conditions précises.
L’entretien Il n’y a pas de secret : si vous prenez soin de votre vêtement, vous pourrez prolonger sa durée de vie.
Après utilisation : laisser sécher à l’abri du soleil en retournant l’intérieur à l’extérieur. Si vous l’avez utilisé dans l’eau salée, rincez à l’eau avant. Le sel peut se cristalliser et causer une irritation de la peau. Il diminue aussi les qualités d’étirement du néoprène. Eviter de le pendre avec des pinces ou des cintres trop minces car vous pourriez abîmer le néoprène et causer des plis qui finiront par se fendiller.
Entreposage : De préférence, utilisez un cintre large, ce qui évitera des plis. Ne le pliez pas ou ne l’enfermez pas dans un sac de plastique. Laisser sécher complètement avant d’entreposer. Entreposez à l’endroit.
Nettoyage : enlevez dès que possible les taches d’huile ou de gras avec un détergent doux et rincez par la suite.
Réparation : Aquaseal produit une colle scellante à base d’uréthane spécifique pour le néoprène pour colmater les petites déchirures ou les coutures décollées. N’attendez pas que ces déchirures ne deviennent trop grandes avant de les réparer.
Et surtout, prenez toujours le temps d’essayer avant d’acheter. N’oubliez pas que le néoprène s’étire une fois mouillé. Vérifiez la qualité du néoprène, les coutures et les fermetures-éclair. Le confort est une qualité essentielle et un vêtement bien ajusté vous procurera de belles et longues séances de navigation !
Les marques disponiblesO’Neill, Neil Pryde, Pro-Limit, North, , Xcel, Rip Curl, Body Glove, Mystic. Ces compagnies produisent des vêtements adaptés.